LE MENDIANT DE TANGER
Un sourire apparaît quand il voit un navire,
Peut-être a-t-il connu des horizons lointains,
Peut-être a-t-il connu le Chili et la Chine
Et Paris et Berlin.
Sur sa main basanée s'efface un tatouage
Un nom et puis un coeur qui semble palpiter.
Peut-être a-t-il aimé au cours d'un long voyage
Quelqu'un qui l'a aimé.
Sa grande ombre au soleil
Est couleur du mystère
Le mendiant de Tanger
Qui traîne sur le quai
Un rayon de soleil caresse sur sa joue
Du bout de sa chaleur un tout petit sillon.i
Je ne sais pas pourquoi lorsque les enfants jouent
Il fait l'ombre à son front.
Le petit anneau d'or qu'il porte à son oreille
Ressemble à s'y tromper aux anneaux des gitans
Il le caresse un peu quand le jour appareille
Dans la course du temps
Sa grande ombre au soleil
Est couleur du mystère
Le mendiant de Tanger
Qui traîne sur le quai
Lorsque le vent d'avril s'acharne sur la mer
Et la fait éclater tout le long des rochers,
Pourquoi reste-t-il là dans un sourire amer
Au bout de la jetée.
Peut-être songe-t-il à un vieux compagnon
Qui de l'autre côté des vagues et du vent,
A un feu qui pétille, une douce maison
Et s'endort en rêvant.
Sa grande ombre au soleil
Est couleur du mystère
Le mendiant de Tanger
Qui traîne sur le quai.
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